Mais que faites-vous donc là?... (Accueil)

Cette question nous nous la sommes tous posée, consciemment ou non, au sujet de notre époque, de notre société, de notre individualité même, tant il est vrai que nous n'avons rien choisi de tout cela. Une seule issue nous est offerte: "faire avec"...
Concernant l'époque il me semble, tout en étant parfaitement conscient que ce sentiment ait été partagé par nombre de nos aïeux, que nous vivons un moment très particulier de l'histoire.

Tout d'abord les économistes s’accordent pour considérer que nous sommes à la fin d’un cycle long, ensuite jamais l'humanité n'a exercé une telle pression sur son milieu au point de mettre sa propre planète en danger, enfin jamais non plus elle n'a acquis autant de compétences pour asservir une bonne part d’elle-même au profit d’une minorité. Il n’est plus question de savoir si nous sommes à un point de non retour mais de n’envisager que le retour, l’autre option étant irrémédiablement létale.

Ce retour nous ne pouvons plus le concevoir en intervenant isolément, chacun chez soi, par petites touches de bonne volonté, en affirmant que si chacun y met du sien… Le désastre est aujourd’hui trop important, la menace trop pressante. Nous nous devons maintenant, dans l’urgence, d’analyser nos erreurs et nos atouts, d’apporter un remède global et drastique aux dérives de notre espèce. Touchant tant notre aptitude à cohabiter avec nos semblables qu’avec notre milieu, le mal est d’ordre sociétal et son traitement ne peut être que politique… au sens noble du terme. Pourrions-nous encore réduire notre démarche à de simples intrigues de palais, à une parodie de démocratie ou à une énième réforme du système qui ne serait que cautère sur jambe de bois?...

Eugène*, l'étendard de la Liberté ne peut être que rouge voyons !...
*Delacroix - Analyse de l'original → http://www.peintre-analyse.com/liberte.htm

Faire avec…

Au diable angélisme et diabolisation, tout individu ou ensemble d’individus cherche d’abord et avant tout, instinctivement, viscéralement, son propre intérêt, la morale n’est que justification et non raison. L’être humain est issu d’une très longue lignée d’espèces profondément égoïstes et n’aurait jamais vu le jour si un seul chaînon de cette lignée eut manqué à la règle.

3ème version du tableau de Guiseppe Pellizza da Volpedo avec, cette fois, Loukanikos en 1ère ligne.
Voir versions 1 et 2
L’altruisme est un bien beau concept mais que proposerait-t-il comme solution face à la spoliation des peuples ? La charité des nantis ? A supposer que cette vertu soit réellement à la portée de ces derniers, jamais équité réelle et durable n’en résulterait! C’est malgré tout ce que propose la social-démocratie bien-pensante : socialiser, humaniser le fruit de l’individualisme exacerbé qu’est le libéralisme. Sacré programme !... C’est l’opportunité de l’histoire qui a promu l’individualisme il y a quelques siècles, au sortir du moyen-âge, c’est elle aussi qui lui signifie aujourd’hui ses limites.

« L'homme est un animal sociale » disaient Aristote et Saint Thomas, gauchistes bien connus. Ce qui signifie que l'individu a autant besoin de la société que de son propre potentiel. Il est comme le mot qui participe à la phrase, distinct de ses voisins tant par la forme que par le fond mais n’acquiert son sens définitif que par le texte. Réciproquement le texte ne prend sens que dans l'appareillage de ces mots. La moindre conjonction a son importance dans la phrase mais certains « auteurs » s'ingénient à privilégier celles de subordination. A nous de réécrire le livre, à nous de redéfinir les concepts, les valeurs autour desquelles société et individus doivent se reconstruire... ensemble.